3 question à #4 : Fabrice ESTEVE

 

Le docu-film Free to Run est sorti hier dans quelques salles françaises.

On a pu assister à une avant-première organisée par Running Heroes la semaine dernière. Ce soir-là, diffusion du film avec un tapis de course installé dans la salle comme fil rouge. Le but : se relayer dessus sans jamais qu’il ne s’arrête. À la clé : une pinte de bière après le film. Vous nous connaissez, on ne rigole pas avec la promesse d’une pinte gratuite !

Bref, les lumières se rallument, et on peut voir le dernier coureur, guest de la soirée : Fabrice ESTEVE, l’un des producteurs du documentaire.Tapis

Fondateur à 50% de la maison YUZU Productions, label qui souhaite “porter un regard frais et rafraîchissant sur le monde“. Comme le fruit…

Bref, un peu de sport, un peu de faits de société, un peu de tragique, on part là dans un marché compliqué. Difficile de dire aux gens “viens au ciné, pour 100 balles j’te montre un documentaire“. Cela dit si on compare avec Batman vs Superman… (j’ai rien dit, pas taper)

YUZU Prod se montre éclectique, son dernier bébé ambivalent.

On ne vous en parle pas plus, faites-vous votre propre idée. Ouais ouais, on vous dit “viens au ciné, j’te montre un documentaire“.

Par contre, on vous présente un petit bout de l’homme, pas un athlète pro, mais quand même un mec qui court.

Il a bien mérité son 3 questions à…

Fabrice ESTEVE

 

Pourquoi avoir fait ce film ?

Moi je suis le producteur, donc je réponds d’abord en tant que producteur : parce que le scénario était évident et que c’était une histoire qui d’emblée méritait d’être racontée, et n’avait jamais été racontée. Et de la part du réalisateur, qui est en même temps un athlète : c’était une manière de remettre en perspective un sport que beaucoup pratiquent sans savoir à quel point ça a été l’objet de luttes intenses.

 

Deuxième question un peu plus… Féministe : on a vu qu’il y avait un certain nombre de femmes qui s’étaient battues pour donner le droit aux femmes d’exister au milieu des hommes dans la course à pied. Aujourd’hui, le concept développé avec les courses 100 % féminines existe toujours. Qu’en pensez-vous : est-ce qu’il ne s’agit pas un peu d’une ostracisation de la femme alors que l’idée c’était de l’intégrer dans un monde de la course à pied égalitaire ?

0415_marathon-switzerC’est drôle que vous disiez ça parce que c’est un débat qu’il y a eu dès le départ des courses Avon. Catherine SWITZER dans le film explique bien pourquoi elle a créé ce circuit-là. C’était pour permettre à la mayonnaise de prendre, que des femmes viennent et se sentent bien, plutôt que d’être ultra-minoritaires dans une course et ne pas poursuivre la pratique. Et donc elle a créé ça pour que ça popularise le mouvement et que, progressivement, il y ait autant de femmes que d’hommes.

Cependant, les gens de SPIRIDON, qui  eux avaient créé cette revue en Europe, très libertaire, pour promouvoir la liberté et l’égalité des sexes, dont certains s’étaient battus pour SWITZER, étaient fous furieux contre elle en disant “on se bat pour que les femmes puissent venir et maintenant tu fais des courses où les hommes n’ont pas le droit de s’inscrire”.

En fait, ce débat, il est toujours là.

Moi je n’ai strictement rien contre dans la mesure où aujourd’hui il n’y a plus tellement d’enjeux. Je pense qu’il y a probablement des femmes qui ne vont participer qu’à la Parisienne avec son ambiance spécifique parce qu’il n’y a que des femmes, que des jeunes qui ne vont aller qu’à des Color Run dans un premier temps puis goûter à autre chose.

On a encore du chemin à faire en France, parce que je crois qu’il y a à peu près 20% de femmes dans les courses,  et encore les coureurs avec dossard ne représentent eux-mêmes que 20% de la pratique. Donc il y a beaucoup plus de femmes qui courent en jogging, je pense, en dehors des compétitions. Au marathon de NYC, on est à peu près à une égalité des sexes aujourd’hui. C’est juste une question d’évolution historique je pense.

Donc aujourd’hui, je n’ai strictement rien contre des courses actuellement réservées aux femmes parce que c’est pas contre, c’est une autre possibilité.

Groupe

Enfin, qu’est-ce que vous pensez de la bière de récup ?

(sourire, il regarde son verre) Là, je la trouve pas mal. Mais j’ai couru les 25km de Berlin, et prendre une bière après, c’était la pire des choses à faire. Vraiment. C’était la première fois que je faisais un 25, j’avais fait que des semis jusqu’alors, et j’étais malade, enfin bref.

 

 

 

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