Histoire d’une course #9 : Cross du Mont-Blanc édition 2016, par toute la Team

L’année dernière, Arnaud n’a pas été retenu pour le marathon du Mont-Blanc. Le pauvre petit père demandait seulement ça pour son anniversaire, et une boite d’allumettes. À la place il a eu de quoi s’acheter un portail pour sa maison de campagne, et une amère prise de conscience : le Père Noël n’existe pas…

Pour éviter la dépression sévère, la destruction de biens, la fuite dans la Savoie profonde, on a dû intervenir. On a créé une équipe le tirage au sort du Cross.

Pas de pot, on a été pris. Et Arnaud tire toujours la gueule, il voulait faire le marathon. Bon il réserve quand même un chalet pour 10 personnes, il nous reste juste à prendre les canettes de Kro et les cubis de vin.

Package

PoomPoom short et chaussettes de compression dans le dufflebag North Face, on a plus qu’à se taper les 6h de voiture. Bon ok, 9h plutôt. Heureusement qu’on a pu se nourrir sain sur une aire d’autoroute.

L alimentation c est la moitié de la du boulot

L alimentation c est la moitié de la du boulot

Petite rando le vendredi, histoire de profiter du beau temps. Ah, mais ça grimpe en montagne ? Bref, c’est joli, on fait des photos et on rentre boire une bière. Demain on court.

On y est enfin

On y est enfin

Floriane 

Après 2h de sommeil, je sais que ça va puer. Incendie dans le bâtiment à côté du parking où on comptait mettre la voiture, mauvais temps et froid, on va se RÉGALER !

Les bons vont devant, les mauvais derrière. Moi je suis mauvaise hein.

Tout va bien

Tout va bien

Avec mes deux compagnes on s’élance. Il fait soleil. Bon alors je me rends assez vite compte que la rando de la veille c’était une idée à la con… Jambes en coton, souffle à bouledogue français, c’est bon, il ne reste que 22km à faire. Brouillard, mare aux canards et torrents, ils ont enclenché le plan B. On se sent privilégiés : ils le font pour la première fois depuis 1979.

On se retrouve vite à deux. Si ça, c’est la partie facile, je vais pleurer ma mère.

Bon c’est du trail, alors on marche dans les montées. Mais bon, il va falloir courir à un moment donné quand même.

Ravitaillement n°1 au km11,5. Ou pas. Il nous faudra 1km de plus pour le trouver. Il est 10h, il ne fait pas encore trop mauvais, mais on y voit pas grand-chose.

Tout va toujours bien

Tout va toujours bien

10h30 il commence à pleuvoir. On y voit cure. Au détour d’un rocher, on croise deux pompiers. Cindy est un peu déstabilisée.

Elle trouve ça trop facile depuis le début, du coup histoire de se la jouer elle décide de se vautrer sur son bras déjà blessé. Grosse gueudin la meuf. En mode je-suis-pas-une-princesse-en-détresse, elle se relève comme une grenouille française et on repart.

On s’arrête mettre nos manteaux de lumière (de pluie quoi). Vu comment on nous a checké la qualité du Kway, on va le rentabiliser.

J’ai les cuisses qui brûlent, je sais pas pourquoi je me fais chier à squatter toute l’année. La barrière horaire approche, j’essaie de motiver Cindy.

Ca grimpe

Ca grimpe

Il pleut à torrents, le tonnerre est là, et il reste cette foutue montée de la Flégère. Rivière de boue, pluie diluvienne, j’aurai préféré un PoomPoom short en moumoute tellement je me pèle le cul. Je cherche désespérément Russel Crowe et sa putain d’arche, mais je ne vois que des Kway autour de moi.

Et pas un foutu bouquetin.

 

Je passe le checkpoint limite, et je presse Cindy qui le passe limite limite. On mange un bout, on boit un coup et on descend.

J’enfile mon poncho de bataille et on y va. Il pleut moins, et le fait qu’il ne reste que 3km est très motivant.

Qu est ce qu on se marre

Qu est ce qu on se marre

21km, un bénévole nous dit qu’il reste 3km. Il sait pas compter, mais c’est pas grave.

22km, un bénévole nous dit qu’il reste 3km. Mais ils ont été les pêcher où leurs mecs ?

 

Je regarde ma montre. On est à 23km. C’est con parce qu’on n’est pas du tout arrivées. Je mens à Cindy. Sisi, regarde les toits !

 

Il fait beau, je me déshabille. Je pousse Cindy, on est presqu’à la barrière. Je la veux cette putain de médaille.

 

On arrive sur de la route, on passe un champ, et on est à Chamonix. Je vois Coach qui est venu nous chercher. Je me retourne, Cindy est derrière.

Je préfère fermer les yeux que voir ça

Je préfère fermer les yeux que voir ça

J’entends les autres au bord de la route. Alors je pousse.

Après 4h56 et 26km de course, je peux enfin poser mon cul dégoulinant quelque part. Câlin de tête à Cindy.

Je regarde ma médaille. Les salauds, il est écrit « 23km ». On s’est bien fait entuber avec cet itinéraire bis…

Matthieu

Je me suis inscrit au cross du Mont-Blanc sous la bonne grosse pression des amis qui m’ont sorti des photos plus magnifiques les unes que les autres pour me convaincre de partir sur un trail aussi dur et aussi long : «  – Regarde c’est beau, regarde la belle montagne ! Regarde y’a même des bouquetins qui se baladent !!! »

OUAAAAAAAIS

OUAAAAAAAIS

Donc, sans grosse préparation, mais avec quelques sorties « côtes » dans les jambes, on arrive à la montagne. Il fait une grosse chaleur et un beau soleil mais des orages sont annoncés.

Allez, on reste optimiste, surtout depuis Millau et sa pluie qui s’était invitée 2 min après notre finish.

Au pire, on ira picoler au buffet à volonté prévu après la course !

 

Malheureusement, l’organisation (au top) nous envoie un SMS la veille au soir pour nous préciser qu’on passe au plan B : au lieu de finir au sommet, on devra se replier à Chamonix pour ne pas prendre de risque. Les élites seront au sec, la plèbe sera rincée !

Moi je me dis que vu ma forme olympique, j’ai peut-être une chance de finir en 3h30 et d’être pas trop trempé. Et c’est cool, on évite la dernière montée !

 

Le jour J, il commence à pleuvoir juste avant le départ mais ça s’arrête ! On y croit !!!

Début de course j’accroche les copines Karine et Léa, et les autres sont tous autour de moi. Le soleil perce la brume et nous réchauffe, on se croirait dans une forêt à Portland. J’ai envie de pousser des hurlements pour imiter les meilleurs groupes de Black Metal et retourner à l’état sauvage. Je commence à rêver d’une course épique, magnifique et baignée d’amitié.

Yeux revolver

Yeux revolver

Et là… C’est le drame…

1er km : On passe dans un tuyau inondé… Pieds mouillés… Pas grave, je suis un guerrier…

Les premières montées nous font transpirer et nous ralentissent… Je dégouline… Impossible de garder le rythme… Pas grave, j’aime me dépenser, on est là pour en chier…

Je me retrouve avec Nico et Charly, bons derniers… Les filles nous ont largués… Pas grave, ma virilité n’est plus à ça près…

C’est quand le 1er ravitaillement ? Km 10 ? Ok… Je vais devoir attendre 10km pour des chiottes…

 

Mais c’est que je profite bien de la journée moi, dis donc !

Je ne tarde pas à me dire que ça va être un peu long et effectivement, mon côté primaire remonte à la surface : je commence à râler…

 

11è km, 1er ravitaillement : je fonce à la cabane au fond du jardin… Je retrouve un sourire de façade. Déjà 1h39 de passées. Vache, ça file. Je me dépêche pour éviter la flotte et je me lance à l’attaque de la fameuse montée qui mène au Top of the Rock !

Putain de putain

Putain de putain

Alors au début, ça va. Tu y crois. Tu essaies même de trotter comme les meilleurs traileurs. Puis, tu suis le mouvement des gens devant. Et finalement, tu marches comme une merde et tu subis.

 

Je commence à me faire des blagues à moi-même. « La montagne, ça vous gagne… La montagne, c’est de la balle… ».

Pitoyable…

Bon, on va pas se mentir, le paysage est masqué par les nuages, qui s’entassent. Rien à regarder pour me remonter le moral. Et ça vire au drame dans ma tête. Dépression totale dans cette montée qui ne finit pas. Je rigole nerveusement à chaque virage quand je découvre un peu plus de cette superbe ascension INTERMINABLE !!!

 

Je vois Charly devant moi. Je le laisse seul pour pas lui gâcher sa course. Vaut mieux être seul que mal accompagné. Il a mis son Kway… Ah oui, il pleut… Je suis tellement dans mon bad trip que j’avais pas trop percuté. De toute manière, je ne sens même pas la pluie ruisselant sur mon corps (moment érotique). Je dégouline tellement que je m’embête même pas à sortir mon k-way pourtant acheté pour la modique somme de 100 €… (j’aimerais bien le rentabiliser un jour !!!)

 

19e km, 2ème ravitaillement : Allez, plus que 4 et c’est la délivrance.

Une bénévole me lance un :

«  – Courage ! Plus que 6 !

– Pardon ? Mais non mais c’est 23km !!!???

– Mais non le plan B, c’est 26 ! »

Arnaud je te hais

Arnaud je te hais

Pitié quoi !!! Achevez-moi !!!!

 

Charly me dit de pas l’attendre, qu’il va descendre en mode avion de chasse. Il est bien meilleur que moi dans le domaine vu qu’il me double dans chaque descente et que je le rattrape dans chaque montée depuis 19km…

 

Je me lance donc pour les 7 derniers km, sous l’orage, dans des flots de boue.

Je rattrape Nico qui a bien du courage dans un tel merdier avec ses Pegasus savonnette.

Tous les km, un mec différent nous dit qu’il reste plus que 3km. On finit par devenir dingue et rire jaune. Charly déboule comme un dingue et nous gratte. Ça fout les boules. (Il va falloir que je bosse la descente).

 

Sur la ligne d’arrivée, mon fidèle Arnaud et Max m’escortent.

Je fais à Arnaud les yeux Revolver, le regard qui tue. De toute façon, c’est toujours lui le coupable idéal.

 

Résultat du tiercé, quinté + :

Charly casaque noire, 4h03.

Matt casaque bleue, 4h06.

Nico casaque jaune, 4h09.

J’espère que vous aviez joué les bons chevaux, dans le bon ordre.

True Survivor

True Survivor

Je vire mon t-shirt trempé. Le présentateur me fait une blague sur la taille de mes pecs bien que je ne sois plus tout jeune. J’ai même pas le courage d’aller lui casser les dents : « J’ai 28 ans, Monsieur ! » et on plaisante pas sur les pecs !

 

Je file au vestiaire me rouler en boule et attendre la bière…

True Survivor…

Arnaud

Cette année pour mon anniversaire j’ai demandé une seule chose : un dossard pour le marathon du Mont-Blanc. Genre le truc que j’attends depuis un an… Bah le dieu du tirage au sort est venu avec un dossard pour le Cross… J’ai eu beau lui répéter que je l’avais déjà, il a rien voulu savoir. Me voilà donc reparti pour un petit tour de 23km et quelques 1 600m de D+.

Il m'a même pas plu sur la gueule

Il m’a même pas plu sur la gueule

On est samedi matin, et après deux jours à 34°C il fait plutôt frais… Et humide… Il pleut il pleut bergère et on a droit au parcours de repli (une première depuis la création de la course il y a 37 ans)… Heureusement demain il va refaire beau… Bref, nous arrivons sur la ligne de départ et je ne sais toujours pas comment ni avec qui je vais courir… Aller, c’est décidé, je pars avec les autres et j’accompagnerai le ou la plus rapide (coach Maxime ne compte pas dans les autres hein, je suis pas maso…).

Après les premiers kilomètres plutôt roulants, je ne sais toujours pas avec qui je vais partir. Lorsque la route commence à grimper, la surprise vient de Russie. Oxana semble avoir des jambes de feu aujourd’hui, je vais donc essayer de l’aider à ne pas lâcher le rythme. Les pentes sont de plus en plus longues et difficiles et je sens que j’ai les jambes lourdes. Heureusement Oxana aussi. Puis on se fait rattraper par Léa qui semble voler dès qu’il y a du dénivelé.

La petite maison dans la prairie

La petite maison dans la prairie

Je prends la foulée de Léa et exhorte Oxana à nous suivre malgré les jambes qui lui chauffent. Elle ne décroche pas. Elle se paie même le luxe de nous semer dans la descente. Léa a du mal à récupérer, mais je sais qu’en côte elle va rattraper Ox, je reste donc avec elle. Mais en fait elle non plus n’a plus trop de jambes. Sans doute le contrecoup de l’ascension du Mont-blanc deux jours avant la course… J’abandonne Léa et pousse donc pour rattraper Oxana qui a pris pas mal d’avance. Nous faisons course commune jusqu’au ravitaillement où Léa nous retrouve. Puis nous restons ensemble pour l’ascension qui suit. Mes guiboles commencent à revenir, et les filles tiennent bon pour cette première grosse difficulté. Vient ensuite une descente assez technique où je décide de me faire plaisir. Je laisse donc mon duo de charme et les attends en bas pour les aider à affronter le plus gros obstacle du parcours : la montée jusqu’à La Flégère.

J'ai un truc dans l'oeil

J’ai un truc dans l’oeil

Les kilomètres passent et le groupe avance de plus en plus au mental. Oxana ne grimpe que dans un seul but : arriver au ravitaillement pour boire un coca. Léa met un pied devant l’autre, déterminée à ne pas s’arrêter. On arrive à la pente des télésièges. Je leur dis que le ravito est juste en haut. J’omets volontairement de leur mentionner la dernière petite bosse, invisible d’où on est. Oxana n’en peut plus et veut s’arrêter. Avec Léa on la rebooste à coup de coca imaginaire et nous repartons… Arrive la dernière bosse. Les filles prennent plutôt bien ma petite cachotterie… Mais bon, ce coup-ci c’est promis, le verre de coca est au bout.

Nous voilà arrivés en cime promise. Ox s’élance sur la sainte boisson. Léa nous gratifie d’un petit pas de danse. Voilà, maintenant il nous reste 6km de descente (en fait 9, mais bon personne n’a jugé bon de nous prévenir). Comme tout à l’heure Léa à l’air de souffrir un peu en descente, et Ox n’a plus les mêmes jambes qu’en début de course. Je fais donc cavalier seul et leur donne rendez-vous en bas… sauf qu’en bas, bah c’est l’arrivée.

Je pars donc seul en lâchant tout ce qui me reste d’énergie (je ne pensais pas que 8km de descente ça fatiguait autant les jambes en fait). Une ambiance de folie nous attend dans les derniers mètres malgré la pluie et le froid !

Pour une fois elle est bien cadrée

Pour une fois elle est bien cadrée

Voilà, je finis mon 2e cross en 3h38.

Je retourne vite en arrière pour récupérer mes deux camarades de route. D’abord Oxana, puis quelques minutes plus tard Léa. C’est fait, elles sont finishers, et avec un super chrono de moins de 4h malgré le temps et les kilomètres supplémentaires.

 

Jusqu'au bout

Jusqu’au bout

Je file attendre les autres pour les accompagner lors des derniers mètres. Même le soleil refait son apparition pour accompagner l’arrivée de Cindy, escortée de Floriane.

J’ai passé une super course en très charmante compagnie, et je me suis éclaté sur les descentes. Bref, l’année prochaine on remet ça, mais on double la mise ! 🙂

 

Karine

Le cross du Mont-Blanc… Bon bah à la base, je me suis toujours dit NO WAY ! De un parce que j’ai le vertige, et deux, parce que j’ai le vertige… Puis n’écoutant que mon manque de volonté, j’ai participé au tirage au sort… 🙂

Et nous voilà tous partis pour un séjour à la montagne… bon à la base je devais y aller avec ma collègue Adeline et Poussin, mais face aux contraintes de leur wedding, j’ai dû prendre le train…

Et c’est là que le week-end commence… 2h de retard à Paris… Un bus où Christiane la chauffeuse manque les ronds-points… J’arrive à 1h passé à Chamonix, tel un gardon sorti de la marée de la veille !!!

Bref passons, le vendredi il fait chaud et beau… Et ça annonce l’orage…

Me fait pas rire j en ai déjà marre

Me fait pas rire j en ai déjà marre

Orage qui pourrit notre nuit pré-course, qui va faire que… Un incendie se déclare près du départ… Mais ils sont forts les hommes de la montagne, car malgré tout, y’a une solution B de repli pour la course (on dirait d’ailleurs un plan de guerre !!)

Sourire

Sourire

Disons que… c’était pas loin du débarquement.

On part… Je suis fraîche (oui oui…), mais au bout de 4 km la fraîcheur de ma bronchite fait que je dois abandonner lâchement mon premier poumon… Et là, bah je commence à galérer…

Encore tout ça

Encore tout ça

Mais je ne retiendrai pas ça de la course, mon  « sex appeal » prendrait trop cher et c’est pas que, mais j’ai assuré du minishort malgré le froid… Ce que je retiendrai c’est Magali, au 13e km, après le ravito, je l’ai vue, on s’est vues, on s’est reconnues, mais on ne s’est pas perdues de vue !!!

19 plus 6 putain l arnaque

19 plus 6 putain l arnaque

Et nous voilà, parties ensemble pour finir la course (enfin l’arnaque du plan B, on était qu’à la moitié… 13 km…) ! Bref, pieds dans pieds, nous montons… Beaucoup… Puis arrivent la dernière descente et son ORAGE… J’ai sorti toutes mes théories pour que Magali, qui est aussi phobique de l’orage que je peux l’être de la hauteur (merci d’ailleurs pour les ponts), cavale avec moi…

Et nous voilà en bas à l’arrivée, main dans la main, à partager ce pur moment de bonheur (PS : touche raccord photo à 800m de l’arrivée : CHECK lol).

Arrivée

Arrivée

Bref merci à tous, merci aux gens. Et voilà, j’ai déjà dit oui pour le marathon !

 

Greetings

C’était le Cross du Mont-Blanc. 18h de route aller-retour, de la pluie, aucun paysage. Bref, on nous a vendu du rêve quoi.

Viens, on s’inscrit pour le tirage au sort du marathon de l’année prochaine 😉

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