We are the others #2 : Une course, c’est perso

Le 25 juin c’était le Cross du Mont-Blanc. Il a plu, on a rien vu, mais au moins on a mangé des saucisses au barbecue.

Quoiqu’il en soit, chacun des participants a  vécu sa course de manière différente.

Heureusement en même temps, parce que vu le nombre de blog running et de CR de course, on finirait par se faire chier…

Là-haut sur ma montagne ~~

Là-haut sur ma montagne ~~

Alors ok, Matthieu n’est jamais content, Karine est tout le temps en train de sourire, Arnaud c’est le bienheureux du groupe et moi j’ai toujours mal quelque part, mais en fait, on n’est pas si différents des autres. On est 1 parmi d’autres.

 

Bref, voiture, train, avion, parachutage et téléportation, on a un peu débarqué en force à « Cham ‘ ».

On a couru, marché, pleuré, ragé, souri, fini.

On a bu, mangé, dormi, fait la fête.

On a vécu, soit pour célébrer sa course, soit pour se réconforter.

 

Juste en dessous, vous allez lire un petit échantillon des impressions des personnes présentes lors de ce fameux week-end.

 

Charly :

De ces 4 jours au Mont-Blanc, je retiendrai avant tout les moments « off » passés avec les amis. Le run de 5K et la randonnée pré-course pour s’habituer à l’altitude, les repas à quinze, le cirque du chat et de la souris pour le contrôle des vestes imperméables, les blagues potaches, etc…

Merde je suis paumé, et pourtant je suis pas avec Arnaud

Merde je suis paumé, et pourtant je suis pas avec Arnaud

La course en elle-même était belle même si j’avoue ne pas m’être senti autant englouti par les cimes des montagnes que lors de ma TranjuTrail trois semaines avant. Peut-être était-ce dû au brouillard ou aux nombres imposants de coureurs…

J’ai trouvé le terrain roulant. La terre était assez dense ce qui rendait la course facile à gérer même lorsqu’il tombait des trombes de pluie. Du coup, pas de glissade de folie dans des pâtés de boue !

Sauf après le 2e ravito ou la pente était très raide sur 300-400m.

Mon popotin s’en souvient…

Il y avait quelques passages accidentés avec des racines et des rochers mais rien d’insurmontable. Plutôt marrant à gérer en descente.

Les minimalistes IntoThe Wild c'est le pied

Les minimalistes IntoThe Wild c’est le pied

A propos de descente, le parcours B enclenché la veille dû au risque d’orages nous a fait terminer à Chamonix avec une descente de folie de 6Km. Juste énorme, 6km de pur bonheur !

J’ai pris mon pied comme rarement en fin de course.

 

Organisation au top même si le contrôle des vestes imperméables était too much selon moi… Côté gestion avec les autres coureurs : compliqué de doubler. Il y a pas mal de chemins étroits et peu de participants respectaient la règle de serrer à droite.

J’ai failli tomber dans le ravin… Heureusement j’avais une bonne étoile ce jour-là ! :

 

A refaire mais cette fois pour le 42k !

On dirait pas mais j'ai grave kiffé

On dirait pas mais j’ai grave kiffé

 

Magali :

Le Cross du Mont-Blanc, la promesse de 23km de bonheur.

Embrigadée par les copains, je me dis que ça peut être drôle et que j’aurai l’entrainement suffisant après le semi.

C'est trop la fête ce cross, et Maxou il est déjà arrivé

C’est trop la fête ce cross, et Maxou il est déjà arrivé

A la  suite d’une blessure en janvier, je dois abandonner le semi…et reprendre la course trèèèèès doucement.

J’arrive au Cross en pensant que je risque d’abandonner à cause de mes genoux. Finalement je suis en grande forme. Je retrouve Karine au 13e km. Je la suis dans les montées.

Mais pourquoi j'ai pris cette putain de gourde

Mais pourquoi j’ai pris cette putain de gourde

On arrive au 19e km, 2nd ravito.

L’orage arrive, on nous dit de ne pas nous arrêter et de filer jusqu’à l’arrivée.

Début d’une descente longue et humide pendant laquelle Karine me porte a bouts de bras jusqu’à la ligne d’arrivée, qu’on passe main dans la main en se marrant !

Regarde on arrive copine

Regarde on arrive copine

Médaillée et heureuse, je profite de la fin de week-end avec les copains, pleins de souvenirs dans la tête.

 

 

Maxime :

Il faut remonter 10 mois en arrière, septembre 2015 et le tirage au sort pour le cross.

Le départ de cette aventure peut commencer. Pas vraiment entamé dans les meilleures conditions (à peine 100kms et 1500D+ depuis la reprise mi-mai après une blessure aux adducteurs). Autant dire que terminer cette course était l’objectif.

Départ de Paris avec Flo et Matthieu, 2 jours avant pour s’acclimater et profiter des paysages, et accessoirement se taper un peu de D+ pour se mettre en jambes. Avec, et ce fut notre chance, le soleil au rendez-vous.

J'ai toujours voulu être un cabri

J’ai toujours voulu être un cabri

Jour de course : levé vers 5h30 pour un petit-déjeuner face aux montagnes. L’Aiguille du Midi me fait de l’œil, elle est impressionnante, mais tout à l’heure, je vais faire mon terrain de jeu de ses voisines.

Hop, en voiture, direction la zone de départ.

À peine arrivé, le déluge qui commence.

Dans cross du mont blanc il y a “cross”, ça en sera!

Finalement, le temps de faire la photo avec tous les copains, nous prenons le départ sous le soleil. Avec Chams, on essaie de se faufiler vers l’avant du peloton, Adrien nous rejoins. 10,9,8,7,6,… Nous y voilà! Ça part assez vite, et j’essaie de maintenir une allure tranquille dans les premiers kilomètres pour pouvoir relancer dans les difficultés.

Jusqu’au 9e km, le parcours est roulant, la première difficulté pointe le bout de son nez, je marche. Ça grimpe plus qu’à Montmartre ici ! Au détour d’un lacet je croise Vincent Viet, une grosse tape sur le derrière avec un « allez bouge moi ce cul », forcément ça redonne du peps !

Passage au 1er ravito, 11e km, sans s’arrêter. Quelques minutes plus tard, plus d’eau, je m’arrête à la rencontre de 2 randonneuses suisses qui me laissent gentiment remplir une flasque. Elles me sauvent la vie ! Des suisses, naturellement ! Une première crampe se fait sentir, je passe seulement le 13e km. Je ne suis pas arrivé.

La montée de la Flégère me paraît interminable. Là je comprends ce que  veut dire courir en montagne. Mais à ce moment précis je ne cours plus, je marche. Depuis 1km déjà.

 

Ah enfin ça grimpe un peu - non parce que je commençais à me faire chier là

Ah enfin ça grimpe un peu – non parce que je commençais à me faire chier là

 

Une personne de l’organisation me voit dans le dur et m’encourage, « aller, c’est bien, tu es dans les 50 ». Agréablement surpris, je repars conquérant.

Le dernier kilomètre pour arriver à Flégère est un long moment de solitude, plus de 13 minutes d’agonie. Mais je me dis que derrière ça descend et là je vais m’éclater.

 

Dans le dur, je rempli mes 2 flasques et repars aussitôt.

3km de descente qui se transforment en 6.

Et des crampes qui font de plus en plus mal. Obligé de m’arrêter à plusieurs reprises pour les faire passer. Une dizaine de minutes de perdues mais je repars et essaie de ne pas penser à la douleur jusqu’à l’arrivée à Chamonix. Cette délivrance en passant la ligne…

 

Au final, 26 km de pur plaisir, 2h45, une 62e place très honorable et un weekend au top avec les copains.

 

Ouais les gars, même pas la peine de prendre une douche je suis rincé

Ouais les gars, même pas la peine de prendre une douche je suis rincé

Et surtout de beaux moments de partage et d’émotion sur cette ligne d’arrivée. Mentions spéciales pour celles, main dans la main de Mag et Karine, et de Floriane et Cindy.

 

Ce que je retiens de ce weekend au Mont-Blanc, c’est la beauté de ces paysages et la joie partagée. Des moments de souffrance pour certains et de pur bonheur pour d’autres mais en communion avec la nature et entre nous tous. Bravo aux copains qui ont couru ce weekend à Chamonix, cross ou marathon.

#teampetitbouquetin

 

 

Léa :

2 jours avant le cross, on peut dire que j’ai fait des petites folies de mon corps (ne vous imaginez rien).

Du coup, c’est une Léa ni présente, ni motivée, qui se retrouve à moitié endormie sur la ligne de départ.  La météo n’arrange pas les choses : il pleut !

Le coup de feu est lancé. Je me sens déjà étouffée par tous ces coureurs qui s’agglutinent sur un même chemin.

Je vis assez mal les premiers mètres, beaucoup trop de monde à mon goût, difficile de trouver son rythme, on se gêne, on se bouscule. La seule question qui envahit mon cerveau est « Mais pourquoi je suis là ? ».

Bref je sens que ça va être long.

Après quelque km, le peloton prend une meilleure forme, les gens courent à leur allure. Je commence à me remettre dans le bain et à davantage apprécier la course. Je repère au loin Oxana et Arnaud et je décide de les rattraper au 1er ravito.

A plusieurs, le temps passera surement plus vite, et vu mon taux de motivation, j’ai besoin d’être boostée.

 

J'aurai peut-être pas du faire 3 fois l'ascension avant le cross

J’aurai peut-être pas du faire 3 fois l’ascension avant le cross

 

Arnaud est toujours au taquet, toujours le 1er à vous motiver et à parler, parler, parler…

Oxana est marrante,  toujours souriante, aucune souffrance ne se lit sur son visage, elle a l’air de faire sa petite balade du dimanche… Elle s’arrête même faire des photos en mode selfie !

Et y’a moi derrière qui peine à les suivre, mais au moins je m’accroche à eux.

 

Pendant toute la course, on court, on grimpe, on grimpe, on grimpe, on court, on grimpe…  à vrai dire, c’est le moment que je préfère, car quand on grimpe on le fait en marchant, du coup c’est un peu de la récup, mais quand on court bah… on court !

 

Comment ça faut courir, c'est une montée

Comment ça faut courir, c’est une montée

Le 2e ravito arrive et on sait que « c’est presque  la fin ». On s’emballe complètement avec Oxana… On boit du coca, on danse ! Youhouuuu c’est la fête !

 

… Mais je sais surtout qu’à cause de la pluie, ils ont changé le parcours et que les derniers km ne seront qu’en descente ! Malheur, j’appréhende déjà, moi qui déteste les descentes… (c’est rare je sais)

 

En quelques minutes, mon crew se sépare.  J’entends crier au loin Arnaud « On se retrouuuuuve en baaaaas ». J’essaie de suivre le rythme d’Oxana, j’y parviens pendant quelques km, jusqu’au moment où je me retrouve seule dans la forêt, sous la pluie et le tonnerre…

Heu… Comment vous dire que je suis trempée de la tête aux pieds, que ma montre s’est arrêtée et que je me sens un peu seule au monde…

Bon étant donné que je suis quand même une petite peureuse, et que oui, l’orage dans une forêt, ça fait un peu flipper, la seule phrase qui me vient à l’esprit est « Cours Forest ! Cours !!! »

 

Enfin je vois un mec qui me crie : « c’est la fin, plus qu’1 km ! 1km ! ». Pffff c’est encore long… Un km plus tard, une autre personne qui me dit plus que 800m… Vous vous foutez de moi les mecs ou quoi !?! Bon en tous les cas je sens que je m’approche de la ligne d’arrivée !

 

J’arrive enfin dans le centre de Cham’, et là c’est plutôt cool, car là oui, c’est vraiment l’arrivée et je suis seule J .

Je m’imagine faire une arrivée à la Kilian 😀 hahaha !

 

Oh du coca au ravito final !

Oh du coca au ravito final !

 

J’entends la fanfare et les cris d’Emeline  et de tous les copains ! Ça fait du bien !

Arnaud me pousse à finir en sprint les derniers mètres… Waouh enfin, c’est fait, bon finalement c’était cool !

Mais maintenant faut que je me change je suis trempée !

 

 

Cindy :

Mon Cross du Mont-Blanc :

Quelle course !

Il faut toujours une course qui vous remette les pieds sur terre, qui vous permette de comprendre que tout n’est pas faisable sans préparation.

Pour moi, c’est celle-là.

 

J'aime le trail, j'aime le trail, j'aime le trail

J’aime le trail, j’aime le trail, j’aime le trail

 

Je ne me suis jamais vraiment préparée pour une course, je souffrais un peu mais je m’en sortais et m’en remettais.

Cette fois, c’était pire.

Les conditions météo n’ont rien arrangé (un orage majestueux sur une bonne partie de la course nous a pas mal ralenties), les chutes sur mon bras droit déjà abîmé non plus, le vertige, l’altitude…

J’ai souffert, j’ai pleuré, j’ai ragé, j’ai râlé, surtout sur les trois kilomètres supplémentaires et imprévus.

 

Trop easy

Trop easy

 

À chaque kilomètre, tu penses à laisser tomber, t’en as marre. Tu veux juste rentrer chez toi et prendre une douche chaude.

Mais tu ne peux pas, t’es au milieu de nulle part, tu n’as pas d’autre choix que de continuer à avancer.

 

Alors tu es presque soulagée d’entendre que tu es à 15min de la barrière horaire, mais tu ne peux t’empêcher d’accélérer, parce qu’à un moment, ce n’est plus la raison qui contrôle tes mouvements, t’es passé en mode auto.

 

Enfin, la course était dure. Mais je l’ai finie. Grâce à Flo, grâce à ces copains qui étaient là à l’arrivée et qui m’ont fait pleurer une fois de plus, et puis un peu grâce à moi.

Souris putain, y a les photographes

Souris putain, y a les photographes

Je finirai bien par être fière, mais pour l’instant, je vais faire une petite pause dans mes exploits trail !

 

 

 

En bref :

Différentes histoires, différents ressentis. Une seule conclusion : une course, c’est personnel. C’est toi avec toi-même. Tu kiffes, tu kiffes pas, quoiqu’il arrive c’est ton truc à toi.

En gros, pas la peine de se sentir obligé de faire une course pour les copains. Pas la peine de dire que c’était top alors que tu as détesté. Par la peine non plus de penser que tu es nul, pas fait pour ça, que tu ferais mieux de tout arrêter.

Une course c’est perso, c’est soi. Et soi c’est pas les autres.

Groupe

Ou au contraire en fait, parce que quelque part, #WeAreTheOthers.

CRÉDITS PHOTOS : nous, un peu, Maindru, beaucoup.

 

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