Tried It #4 : rendre un peu de ce qu’on te donne

Une bouteille d’eau sur le parcours, un petit mot gentil à la fin, une banane coupée en deux, un sourire et des encouragements. Ils sont toujours là pour les coureurs, et pourtant on parle rarement d’eux dans les comptes rendus de course.

Pourtant, qui n’apprécie pas les petites attentions qu’ils ont pour nous ? Ils ont largement contribué à rendre la partie course de mon HIM plus drôle, moins dure, et pleine de bons souvenirs.

Alors le week-end dernier on est passé de l’autre côté, pour rendre un peu ce qu’on nous avait donné. C’est pas la première fois. L’année dernière déjà, on avait participé à l’édition de la Parisienne, de l’autre côté de la barrière (littéralement). Cette année, c’est à Disney qu’on r’met ça.

On est dans les coulisses de Mickey

Vendredi soir pas de folie, on doit se lever à 3H30 le lendemain.

Et oui, le bénévole, il est là tôt. Sur la route on est sympa avec le conducteur, personne ne se rendort. Le petit thermos de café fait quand même bien plaisir.

Une fois notre tenue de combat revêtue, direction le petit déjeuner avant la manutention. Le croissant est bienvenu, il nous fait oublier que notre uniforme est quand même bien vilain. On va pas se mentir, heureusement qu’on n’est pas venus pour la dotation, à part Arnaud, personne n’aime porter un t-shirt et un coupe-vent orange. En taille XL. Et puis bon, si Arnaud avait du goût vestimentairement parlant, ça se saurait. :p

Bouteille d'eau

5H30, il est l’heure de se sortir les doigts de l’oreille. Dépaquetage de palette d’eau, bouteilles rangées en ligne, on essaie même de faire le tri sélectif. Finalement on benne tout ensemble, tant pis pour Mère Nature. Moment préféré d’Arnaud, il tente même une imitation un peu foireuse du surfeur d’argent.

Surfeur d'argent

 

Trop de Disney tue le Disney.

L’emphase Disney, c’est quand même pas notre truc. Enfin Matthieu surtout, qui est pris d’une violente envie de vomir dès qu’il entend les premières notes du monde des poupées… Moi ça va en fait, mais faut pas trop abuser quand même. Et l’espèce de Barbie-Cheerleadeuse chauffeuse d’ambiance et son Ken maniéré, c’est clairement abusé. Une question nous a un peu occupé : est-ce que c’était sa vraie voix (et c’est dommage pour elle), ou est-ce qu’elle se forçait pour sa présentation (et c’est dommage pour nous) ?

Heureusement, on est sauvés par la bananes, qu’on nous demande d’aller distribuer au ravitaillement final, loin de la scène et des imbécilités racontées par Barbie…

Arrivée

Les coureurs, déguisés ou non, se succèdent. C’est à ce moment-là que tu es content d’être venu, que tu te rappelles pourquoi tu t’es levé tôt, que tu es content de donner un peu aux autres, ce que des anonymes t’ont donné à toi.

Ce que je me souviendrai de cette matinée ? Un sourire, une banane, des félicitations. Une blague de temps en temps, un câlin parfois. De la bonne humeur, des remerciements.

Il y a beaucoup d’étrangers, et ils ont tous un mot gentil, malgré la fatigue.

Ce que j’oublierai rapidement ? Qu’en fait, je n’ai entendu que des français se plaindre et râler. Le charme chauvin ? Que les moins rapides n’ont pas eu de médaille à l’arrivée. Que leur parcours a été tronqué de 3km pour sacrifier au capitalisme et pouvoir rouvrir le parc. Qu’il y avait, comme toujours des resquilleurs qui piquaient une boite supplémentaire dès qu’on avait le dos tourné. C’est le jeu je suppose.

Longue fille d'attente

Et ensuite, la journée commence.

Une loooooooongue journée de files d’attente pour faire 3 manèges. Un sandwich avalé en vitesse. De longues files d’attente pour faire 3 manèges. Delphine qui n’aime pas faire la queue. Des sensations fortes. De longues files d’attente pour faire 3 manèges. Des rigolades.

Et surtout, un burger énormissime, et un dessert offert.

22H30 ou presque au lit, c’est pas tout ça mais demain on se lève à 4H15.

Le plus gros burger du monde

Y a pas d’heure pour les braves.

Mais bon, on sait déjà qu’on va rembrayer la semaine avec un déficit de sommeil pas des plus légers.

On remet nos habits de lumière, direction le croissant et le lieu du crime. Ce matin on délaisse les packs d’eau pour les packs de médailles. Les américains sont là, et c’est limite si on ne se fait pas fouiller les poches à chaque mouvement. Il faut reconnaitre que sur les 2 précédentes courses il manquait des médailles à la fin. De là à nous accuser de vol, il n’y a qu’un pas, qui est assez vite franchi à coup de sous-entendus.

Travail à la chaine

Moi je suis dure de la feuille, donc je fais semblant de ne pas entendre ce qui est dit, mais on lâche tous plus ou moins discrètement que les seuls à avoir remis les médailles jusqu’ici, c’est le groupe de vieux qui font leur divas.

Alors on dépacke, on fait des tas de 25, on met les sangles autour d’une bouteille d’eau pour que les distributeurs puissent les mettre plus facilement à leur bras.

Une fois fini, on s’occupe du lait à la vanille, puis on retourne aux bananes pour les séparer pour la distribution.

Une fois tout ça fait, direction notre poste : Arnaud et Delphine vont à l’eau, Matthieu au Powerade, et moi je reste aux médailles.

 

La fille aux médailles.

De là où on est, on entend malheureusement d’avantage Barbie qu’hier. Pas grave, les premiers coureurs arrivent et on va jouer notre rôle du mieux qu’on peut.

C’est fou comme les gens étaient contents qu’on leur mette cette précieuse médaille autour du coup. Celle du challenge Bibbidi-Bobbidi-boo. Celle des tarés qui ont fait le 10km le samedi, et enchaîné sur le semi aujourd’hui. On aurait dit que c’était nous qui faisions un truc extraordinaire.

C'est classe chez les riches

Ce dont je me souviendrai de cette deuxième matinée ? Beaucoup de joie, encore des blagues, encore du bonheur, encore des remerciements. Un passage à la distribution de l’eau avec des gens reconnaissants, alors qu’on est là comme ça.

Ma plus grande fierté ? J’ai mis. Sa médaille. Autour du cou. De Paula Radcliff ! Un moment cool, avec une femme gentille, agréable, qui a un petit mot pour chacun et un moment à accorder à tous.

Mon plus grand regret ? Certains bénévoles qui réagissent comme des enfants et font des caprices, encore ces vieux qui se prennent pour les maîtres du monde.

Médaille 10km

Mon avis, totalement personnel, sur ce week-end.

Je suis vraiment très contente d’avoir participé à ce week-end. On est rentrés dimanche les batteries vides, mais je trouve aussi empli de contentement. J’ai essayé d’être avec les coureurs comme moi j’apprécie qu’ils soient avec moi quand je finis une course. J’ai essayé de rendre au maximum à des inconnus ce que d’autres inconnus m’ont donné un jour.

Je n’étais pas fan de l’idée de cette course honnêtement. Un week-end ultra commercial, avec des prix de dossards exorbitants, un pack photo avec les personnages Disney pour un prix en sus, un accès au parc non compris dans tout ce qu’on a déjà payé pour pouvoir courir, tout ça pour ne pas avoir de médaille pour certains, pas de photos pour d’autres, un parcours de 10km amputé, et un parcours de semi presque totalement en dehors du parc.

Illuminated Castle

Cependant, je suis un peu revenue sur cette opinion après ce bénévolat. Je me suis rendue compte que oui, c’est ultra commercial et les prix sont abusés. Mais Disney a permis quelque chose de bien : il a fait bouger des centaines de personnes qui jamais n’auraient participé à une course, n’auraient jamais fait une 10km ou un semi. Rien que ça c’est un exploit en soi.

Alors oui, j’ai été déçue par certaines personnes, qui sont incapables de s’investir pour les autres sans rien attendre en retour. J’ai été déçue de me rendre compte que certains n’étaient pas capables de donner un peu de leur temps, tout en s’attendant à ce qu’on le fasse pour eux quand ils courent.

Attractions

Mais ce que je choisis de retenir, c’est que j’ai participé à faire se bouger des non sportifs, j’ai participé à leur joie, j’ai donné un peu de moi pour que d’autres se souviennent de leur week-end avec une émotion.

N’hésitez pas à le faire vous aussi. Vous vous rendrez compte que c’est presque aussi bien que de participer à une course. 😉

 

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