Histoire d’une course #22 : Napoli Mezza Maratona par Petit Bouquetin

Pas le temps de tergiverser, à Naples on fait l’aller-retour et on va manger.

 

Pourquoi le mezza maratona à Napoli ?

Vous vous souvenez de Claudia, notre pétillante italienne (ici) ? Et bien elle a quitté la France pour le pays de la pizza. On ne peut pas lui en vouloir, elle rejoint son chéri, et surtout elle se rapproche d’endroits où on peut manger des pizzas tous les jours.

Quand elle nous a dit « je m’inscris au semi, venez », on est plusieurs à avoir dit oui. L’occasion de la voir, et l’appel de la mozzarella.

On a quand même réfléchi un peu. On avait peur de tomber dans un traquenard à l’italienne, comme à Rome-Ostia (ici). Mais bon, on a réfléchi à tout ce qu’on aurait l’occasion de goûter là-bas (souvenez-vous à Rome, ici), et on s’est dit « ENCULOOO ! On y va là ».

On pensait les italiens animés d’une certaine indolence et douceur de vivre….

Raté. En tout cas ça doit pas toucher la course à pied. Départ planifié à 8h30, plus tôt que le semi de Paris, ça veut dire debout à 6h. Ça pique, c’est pas des vacances encore ces conneries… On arrive à peu près à l’heure, faut dire que les transports c’est spécial à Naples (ce qui savent, savent). Le temps de déposer le sac aux consignes et de faire la queue pour le « pipi de la peur », on doit courir au SAS parce qu’on est en retard. Je sais, je râle tout le temps. MAIS, à part si on est équipé d’un pisse-debout, on NE peut PAS faire pipi partout dans la rue comme les hommes. Alors non, 5 toilettes pour 1 000 femmes c’est pas assez… On se croirait à l’Ekiden 2017…

 

Un aller retour et on va manger.

L’avantage de courir pour entrer dans ton SAS quand le départ est donné : tu es échauffé. L’inconvénient : je suis essoufflée. Pas grave mon Michel, on n’en mourra pas.

On est quand même pas totalement venus en touriste, et on a regardé le plan. Il paraît qu’il y a une descente sympa au km2-3, ce qui veut dire qu’il y aura une montée sympa au km17-18 vu que c’est un aller-retour. On longe le littoral et certains monuments qu’on voulait tourister après, parfait, on passera plus de temps à visiter la gastronomie.

Evelyne Dhéliat avait vu juste, bel anticyclone sur la course, vague de poompoom short et pluie de débardeur.

La descente dans le tunnel est longue. C’est bien quand tu descends, ça sera moins bien quand je monterai. Les italiens ont envie de chanter du grivois, ça me rappelle le mec bizarre qui hurlait « enculo » sur 3km à Rome-Ostia. J’essaie de me mettre au bon rythme. On est en début de prépa marathon, mais ça serait bien que je le fasse à allure 6’/km quand même. Du coup, comme je suis bornée, obtuse (j’ai vérifié, c’est moche, mais c’est comme ça que ça se dit), têtue, irraisonnée, je me lance à 5’45/km.

La balade me plait sur les 10 premiers km. On se croirait sur une pub pour l’office du tourisme. Je commence à avoir une ampoule mais je tiens mon rythme. Mon ego se gonfle. Je fais coucou aux copains qui sont déjà sur le retour.

Je me fait alpaguer au demi tour par deux napolitains. Je les ai vu venir les cocos : Ivano me sort une sombre histoire de chaîne radio, Mimo veut que je dise bonjour à son public sur son blog vidéo. Il est dragueur le napolitain. Juste après un jeune dans une voiture me susurre des mots doux (enfin comme je comprends pas un mot d’italien, il a aussi bien pu me dire que j’étais bonne ou que j’avais le cuissot gras hein…), et mes deux cocos me regardent en me lâchant un « ah, ces napolitains » dans un anglais approximatif. Ouais Ivano, les napolitains. Bref on se dit ciao ciao, et on repart chacun de son côté. Enfin surtout moi du mien.

Au bout de 3 ou 4km, j’ai tellement d’ampoules que je pourrais éclairer Time Square à moi toute seule. Je marche un peu, je profite du paysage, Ivano et Mimo me rattrapent, alors je regarde la mer et je bois de l’eau au ravito.

Même si j’ai mal partout, il va falloir se sortir les doigts de l’oreille et le finir ce semi. C’est pas tout ça, mais on a une pizza à manger après.

On arrive au tunnel, qui monte cette fois-ci (#captainobvious). Un seul objectif : ne pas marcher. On va pas se faire emmerder par une petite côte d’1 km oppressante quand même. Ca a quand même calmé les italiens, on les entend moins chanter. Contrat rempli, ne reste plus que 2 ou 3km au soleil pour boucler le semi.

On arrive par le fond du parc du palais des congrès. Soleil, belle fontaine dans le dos, Matthieu qui est sur le bord pour prendre des photos… Joli finish. A part ce vieux napolitain qui tient absolument à me tenir la main pour passer la ligne d’arrivée, et Mimo et Ivano qui veut absolument un selfie, un bisou et mon pseudo facebook pour qu’on se passe les photos… Mais qu’est ce qu’ils ont ces napolitains ???

Bilan, va falloir donner un coup de collier dans la prépa si jamais je veux arriver avant demain.

Bien, mais pas top. Le début était prometteur, mais je n’étais pas assez en forme pour tenir les 5’45 sur tout le semi. Un peu déçue mais pas trop. Vu la forme que j’avais avant, les sensations sur les 13 premiers km étaient plutôt bonnes.

On aime les courses en aller-retour à l’étranger. Ça fait plaisir de croiser des têtes connues pour t’encourager.

Pas besoin de veilleuse dans la chambre ce soir, la lumière naturelle de mes 6 ampoules PAR pied devrait suffire à guider les bateaux en pleine tempête. Dommage pour mon genou qui a pris cher à cause d’une foulée par naturelle.

J’ai survécu aux pavés et aux napolitains, je pense qu’on peut dire que c’est un semi plutôt positif.

Sinon, je vous ai dit que je me suis tapée une mini entorse le lendemain ?

 

 

 

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