Histoire d’une course #24 : Bref, Petit Bouquetin a fait un bout du Trail des Forts

Les gars, officiellement élue Worst Race Ever, laissez-moi vous raconter la mouise dans laquelle on a été se mettre (de notre plein gré) à Besançon.

Déjà à Bordeaux, on avait bien mangé : pluviométrie presque au max, douleurs variées, moral dans les chaussettes (trempées les chaussettes) On s’était dit que quoi qu’il arrive, ça ne POUVAIT PAS ÊTRE PIRE.

ET BAH SI… On s’était TROMPÉ.

BORDEL (pardon maman).

Les trucs qui me sont arrivés sur cette course les gars, je me disais que dans une vie antérieure j’avais du tuer des tonnes de bébés chats nains handicapés.

 

L’arrivée chez Cécile et Philou, c’était juste parfait…

Grand soleil, visite de la ville bien sympa, maison écolo génialissime, piscine (oui oui, je suis rentrée dedans, et l’eau était pas froide), FOUR À FLAMMEKUECHE. Ouais les gars, un four à flammekueche…

Mais on savait que tout ça cachait un truc horrible, on avait checké la météo… Dimanche pluie toute la journée, – 15° par rapport à la veille. Fuck.

A la place des 47km et 1700D+ annoncés, on approchait plus des 48km et 2100D+ d’après les brillants calculs d’Arnaud. Re fuck.

Au retrait des dossards, le speaker a dit que c’était quand même l’un des trails les plus durs de sa catégorie. Re re fuck

En regardant bien avant le plan, le plus compliqué pour moi serait clairement de ne pas me faire éliminer par la 2ème barrière horaire, juste après « le mur ». WTF ? Je suis pas venue faire de l’escalade moi…

 

Au début ça passe (on dirait le marathon de Bdx tiens).

Départ 7h30, ça pique un peu. Il a plu toute la nuit jusqu’à 7h. Peut-être que l’appli météo de Philou, la seule qui nous promet qu’on restera au sec, ne ment pas finalement.

Les vagues s’élancent l’une après l’autre. Enfin la 2ème après la première quoi, on est pas nombreux. Départ en douceur, jusqu’au premier single track (ouais je me la pète avec des termes techniques), 600m plus loin. On commence déjà à marcher (on est pas dans la merde déjà). Je suis dès le début dans le groupe des derniers, mais bon c’est pas comme si j’étais surprise.

Je vous passe la description du chemin km par km, en vrai on s’en fout un peu. On passe direct à ma chkoumoune…

J’ai une seule consigne, pour l’ego, me donner assez pour passer cette 2ème barrière, au km24. Alors je me sors les doigts de l’oreille, et j’avance. Pas de soucis sur les 10 premiers km, c’est plutôt plat en vrai, et pas désagréable en soi.

Arrivée au 1er ravito, je me fais interviewer par France 3. Ouais les gars. France 3. Ok, c’est la régionale. Ok c’est pour la version web. Mais quand même. Comme j’ai aucun ego, que ça ne me gène pas que tout le monde voit à quel point j’ai l’air couillonne, je vous mets la vidéo là. Vous noterez au passage qu’ils n’ont pas correctement retranscrit mes propos. #censure

En vrai, il a déjà commencé à pleuvoir, 700 gars sont passés avant moi, ça commence déjà à être sacrément boueux.

Je retrouve mon pote Raph qui est venu de Marseille exprès pour nous voir le fada. Apparemment les garçons m’ont déjà mis 1h dans la vue. On s’en doutait. Le pauvre est trempé, et c’est pas fini. C’est quoi cette appli Philou ? Il me suis en voiture pendant que je saut les flaques. Il paraît que dans pas longtemps c’est « le mur ».

Ca fait un moment que j’ai arrêté de courir en montée. Trop de boue. Alors en vrai quand je vois le truc, je me dis que même sous le soleil j’aurai pas tenté le truc. Il paraît qu’il faut le prendre comme un mur d’escalade, genre y a des prises naturelles pour les pieds et une corde / un câble pour t’aider à un moment. Mais sinon, comment je fais avec la boue ?

En fait ça se passe pas si mal que ça, jusqu’au mec qui fait n’importe quoi devant moi. Je commence quand même à en avoir marre, surtout de la flotte qui me tombe sur le dos. Il fait froid, tu peux pas vraiment courir avec la boue, je me dis que bon, si je passe pas la barrière c’est pas la fin du monde quoi. Et là, je me pète la gueule.

C’est la première fois que je me dis que j’aurai pu mourir sur une course.

Je glisse, je tombe sur le côté, je m’ouvre la main, et je commence à dériver avec la boue. C’est un arbre, droit dans le côtes, qui m’arrête. Je me suis retrouvée comme un putain de fer à cheval autour d’un arbre. Le truc était pas là, je dégringolait une pente méga abrupte pleine d’arbre…

Le temps de reprendre mes esprits, parce que bon, j’ai quand même vu la grosse boucherie que ça aurait pu être, je repars. Non parce que j’ai failli crever dans la bois, c’est pas pour me faire sortir par une foutue barrière quoi.

J’arrive sur le terrain de foot, toujours sous la pluie, et je rejoint Raph. Je me lave un peu en discutant le bout de gras. Là, un bénévole vient me voir.

« Vous repartez pas hein ? »

Bah je sais pas si je peux en fait, rapport à l’horaire tout ça tout ça.

« Si si c’est bon, mais bon vous allez par repartir ? »

Bah si je peux si, le temps de me nettoyer et de prendre un pansement… Pourquoi ?

« Bah vous êtes sale ».

Bon soyons honnête, y avait aussi une histoire de serre-file et de pas le temps, mais je suis restée sur cette histoire de saleté.

Sans déconner gars.

Du coup, en grosse bourrique bornée contradictoire que je suis, je repars, sans avoir mangé ni bu, en disant que j’aime le trail (je mens, obviously). Ego de merde.

Les deux serres-files me rattrapent 250m plus loin, mais il peuvent plus me sortir. Victoire.

En vrai j’ai tellement de trucs à raconter que ça commence à être long ce CR…

Alors la suite, en résumé :

  • C’est plus des chemins, c’est des torrents de boue. Impossible de courir en montée, de courir en descente, ou même à plat. Des rivières de boue partout, comme pendant un combat de catch.
  • Je me vautre encore 2 ou 3 fois sur le terrain en devers, et une fois je finis même comme Jésus sur la croix. Mais par terre. Dans la boue.
  • Mes mains ont triplé de volume, elles sont bouffies et je ne peux plus les plier. Elles sont tellement dans un état bizarre qu’on croirait une sœur Bogdanov. Enfin juste des mains. Je me pèle grave, mais j’arrive même pas à les rentrer dans les manches de mon fucking Kway tellement elles ont gonflé.
  • J’ai fini dans une grange, en hypothermie, les mains qui ressemblaient à 2 serres bouffies. Un bénévole a enlevé son manteau pour me le mettre sur les épaules, pendant qu’un autre me mettait un torchon sur les genoux tellement je tremblais. Une 3ème me nettoyait le visage avec un mouchoir mouillé, pour « ne pas faire peur aux amis qui vont passer vous chercher».
  • J’étais tellement trempée que c’est comme si j’étais rentrée habillée dans une baignoire. Je gouttais au sol.
  • On devait voir une vingtaine de forts, j’en ai vu 3. Ceux qu’on a traversé.

J’ai abandonné au km34.5 sur 48. Il paraît qu’en vrai j’étais dans les temps pour la barrière horaire suivante.
Bref, j’ai fait un bout du Trail des Forts.

4 reflexions sur “Histoire d’une course #24 : Bref, Petit Bouquetin a fait un bout du Trail des Forts

  1. Laurence

    Wahou ! Une vraie « Boue-cherie », ce trail ! Bravo pour être allée si loin et merci pour ton super récit (j’adore aussi ton passage sur France 3 ; très spontanée et de bonne humeur !).
    J’espère que votre prochaine course sera moins humide !!!

    1. teampetitbouquetin Auteur de l'article

      Merci Laurence 🙂

      J’espère aussi, sinon j’arrête de courir et je passe à la natation de manière définitive… Au moins je serai pas surprise 😉

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