Histoire d’une course #25 : Nice, 2018, Magic Monkey teste le parcours des championnats HIM 2019

Après le 70.3 d’Aix, on s’est fixé avec Présidente un objectif de un 70.3 par an :

– le format L (1,9km de nage, 90km de vélo, 21km de course) est un bon compromis pour se challenger, les distances ne sont pas démesurées.

– et mentalement moi qui m’ennuie assez vite et qui deviens fou, je préfère ça à un marathon, même si la durée totale de l’épreuve est plus longue.

Mais seulement un par an parce que :

– on essaie d’en faire moins qu’en course à pied, mais de la qualité.

– 300 € le dossard, même si c’est bien organisé, c’est quand même pas donné. On est riche, mais quand même ! Sans compter le prix du voyage.

– Voyager avec son vélo, c’est hyper relou !!! On va pas le faire 10 fois dans l’année non plus !

En apprenant la création d’un 70.3 à Nice, on a le BINGO. Instantanément.

En plus, le parcours servira au championnat du monde 2019. On se dit que ça serait hyper cool de faire l’édition qui sert à éprouver le parcours.

Et comme maintenant les championnats du monde ne sont organisé qu’une seule fois au même endroit, dans nos petites têtes on se dit que c’est l’occaz de participer à une espèce de 70.3 “éphémère” :

2018 : ils testent le parcours sur le tout-venant,

2019 : championnat du monde,

2020 : le 70.3 de Nice disparaît.

On est trop intelligent !!! “J’adore quand un plan se déroule sans accro.”

Bon quand la veille de la course le speaker remercie la ville de Nice avec qui ils ont signé un partenariat de 4 ans minimum… Echange de regard avec Floriane : en fait, on est trop con ! Éphémère de rien du tout !!!

Objectif moins de 6h pour moi.

Objectif moins de 8h30 pour notre Présidente.

Et on attaque la prépa. Cette année, on mise tout sur le vélo.

On se fait coacher par Jérémy qui nous donne les bons spots pour pédaler.

On passe tout l’été et toutes nos vacances à vélo. J’ai les fesses roses comme celles d’un babouin tellement on est vissé à nos selles :

  • Semaine de vacances à Giens ? À vélo : on monte 3-4 cols. BIM !
  • Semaine de vacances en Mayenne ? On apporte les vélos ! BIM !

(Mention spéciale à cette région de pute ou il n’y a jamais, jamais, jamais… de plat. Cette région, c’est l’horreur !!! Et la DDE avait visiblement décidé de vider toutes ses réserves de gravier sur les routes du département……)

  • Semaine de vacances à Bordeaux ? Rebelote à vélo.

“Oui mais coco, c’est plat la Gironde !” Sauf que nous, on est allé cherché le D+ au plus profond de la Gironde !!! A Cadillac ! Oui, une ville s’appelle CADILLAC chez les chocolatines !!! (Et il n’y a même pas de dinosaures !!! Cadillacs et Dinosaures ? Tu dois pas être assez geek si tu comprends pas cette blague…)

Et tout ça, entre-coupé de Chevreuse, de Lonchamp, de Chevreuse…

On finit par une sortie assez rassurante de 100km Paris => Chartres.

On a triplé nos kilomètres de vélo par rapport à 2017. Triplé !!! A vélo, on est chaud, chaud, chaud !!!

Bon c’est le moment ou Jérémy revient de sa reco du parcours, en… 3h20. Alors que le mec est une bête à vélo, une machine à grimper… Même lui trouve que le parcours est exigeant. On commence à blêmir. On se demande si on s’est pas un peu emballé, si on a pas eu les yeux un peu plus gros que le ventre.

 

Et effectivement, on va en prendre plein la gueule… :

Nage :

Petit débat de l’avant course sur la température de l’eau et donc sur le port de la combi. Personnellement, avec ou sans, je m’en moque. Dans l’eau salé, ça ne change pas grand chose. J’espère juste qu’elle ne me brûlera pas comme au tri de Marseille.

Miracle le jour J, l’eau est juste en dessous de la température limite à 0,1° près. C’est beau.

On part dans la vague des 38/40min avec Floriane et Jérémy. Jérémy a hâte de finir la natation pour monter sur son vélo… Moi, j’ai déjà hâte de finir… ce triathlon. La motivation quand tu te lèves à 5h du mat, ça vient pas comme ça…

Le rolling start permet de vite trouver son allure. Je double Flo, je double Jérémy.

La mer est superbe, bien bleue, très calme. Du coup, on voit des petits poissons se balader. C’est peut-être le seul moment de la journée où je vais être content d’être là.

Je la joue tranquille pour ne pas me cramer à la 1ère épreuve. J’arrive à bien rester le long des bouées et à tenir la corde aux virages. Miracle aussi, je ne dérive pas. Flo ne pourra pas se moquer de moi et de ma légère tendance à ne pas nager très droit…

La natation m’a apaisé et j’ai tellement apprécié ce moment que je suis “presque” content d’être engagé dans l’épreuve. Ça va durer…

Verdict natation : Je sors de l’eau en 41min. Je suis déçu sur le moment mais apparemment le parcours faisait + que 1 900m. Il faudrait que je pousse un peu plus sur les prochaines courses, même si le gain est dérisoire sur le temps final…

T1 :

A la transition, je finis de me préparer quand Jérémy arrive. Il a l’air perdu. Il ne sait pas dans quel sac se trouve ses affaires de vélo, il ne sait pas où déposer ses affaires de nage, … Il me fait marrer, on dirait nous mais à l’inverse, quand on a fait un tri avec une organisation à la papa (pas de sac de transition toussatoussa). Organisation trop compliquée pour un mec qui ne rêve que d’une chose : envoyer comme une brute sur le vélo.

On s’encourage et je sais qu’on se reverra sur le vélo !

Ne maîtrisant pas le chaussage en roulant, je pars en chaussettes jusqu’à mon vélo. Je découvre un ravitaillement en eau ou tout le monde balance sa flotte par terre. Impossible d’éviter la mare aux canards… Je commence le vélo les pieds mouillés… -_-

On est quand même assez nombreux à galérer en chaussures auto sur le tapis. Ça me rassure.

Vélo :

J’attaque assez fort sur les 10km de ligne droite. Je m’impressionne. Mon compteur frôle les 40km/h Je ne pensais pas pouvoir avancer aussi vite.

Mais la vraie course commence :

Arrivent des ronds-points, des virages assez chiants à négocier. Je ne sais vraiment pas tourner serré en vélo… Je perds un temps pas possible et ça me saoule…

Arrivent aussi des grosses montées à 10-12-15%. Je sens déjà mes cuisses brûler. Je me demande si le Compex de la veille ne m’a pas fait plus de mal que de bien. Petite pensée pour Flo qui va en chier. C’est le moment où Jérémy me dépose gentiment mais surement. Je n’ai tenu que 15km avant qu’il me rattrape

Arrive ensuite le col de Vence : ma vitesse chute à 10km/h alors que je visais le 14-15km/h. Grosse pensée pour Flo qui va définitivement maudire le jour où on s’est inscrit. C’est hyper long et donc hyper chiant. Le moral tombe définitivement, le fun s’envole.

Arrive finalement la descente : 50 longs kilomètres de descente… Le paysage est magnifique mais je n’en profite pas vraiment. Je reste vigilant aux virages, aux trous, aux concurrents, … pour ne pas me vautrer comme les quelques gars en PLS sur le bord de la route… Je me fais souiller par au moins 500 personnes sur ces 50km… Des jeunes, des vieux, des hommes, des femmes, des vélos en carbone, des vélos en alu, … Et devoir faire attention pendant 50km, tu passes pas un bon moment. On peut même dire que je suis saoulé et que j’ai vraiment hâte de rentrer à ma maison.

Enfin de retour à la promenade des Anglais, je croise les coureurs dont Jérémy qui n’a pas l’air particulièrement épanoui. Je commence à comprendre que le parcours course à pied est en total ligne droite et que ça va être pénible.

Verdict du vélo 3h40 : compte tenu du parcours, c’est quand même pas mal !

T2 :

RAS. Je suis assez rapide avec mes supers lacets auto-serrants acheté en solde !

 

Course :

Tous les entraînements à vélo ont quand même payé parce que cette année je n’ai pas les cuisses trop chargées. Mon genou, qui m’avait empêché de courir depuis 3 semaines, ne se fait pas trop sentir non plus.

J’ai quand même le bide bien défoncé, je pense que j’ai abusé des boissons et des gels énergétiques en tout genre. J’ai de bonnes crampes aux intestins, alors je marque la position des W.C. et des buissons dans mon esprit. Utiliser des produits que tu connais pas le jour d’une course, c’est pas très malin, c’est bien fait pour moi…

Km 1 : La motivation n’est pas là. Ça me saoule déjà de devoir courir. On est déjà + de 4h30 d’épreuve… C’est long, c’est long~~

Je suis partagé entre marcher pour mieux ruminer ou courir pour en terminer vite. Ou alors m’auto-terminer pour abréger mes souffrances ? Ça serait la solution !

Photo Yoann Rochette

Km 6 : Virage à 180°, il faut retourner au départ… C’est long, c’est long~~

On longe l’aéroport, c’est chouette (ironie) ! Et apparemment c’est le lieu des pipis sauvages… et ça pue !

Km 8 : Quelqu’un hurle mon nom de famille. Ça m’énerve. Je me dis merde, c’est quoi ces encouragements ??? On encourage pas les gens en gueulant leur nom de famille quoi… Bon en fait, c’est Flo qui arrive à vélo… Je suis content parce que je devrais la retrouver pour son 1er tour de running. Je me remets à courir… Vu mon allure de malade, on ne devrait pas s’engueuler sur le rythme… Je calcule vite fait dans ma tête, elle doit être pile poil dans les 5h30. Il lui restera 3h pour le semi. Royal !

Km 10 : Virage à 180°. Il faut repartir à l’aéroport, l’autre bout du monde. C’est long, c’est long~~

Comment font les gars qui doivent le faire 4 fois (!!!) sur le Full IM pour ne pas se tirer une balle…

Km 12 : Je cours pour rattraper Flo mais elle est introuvable.

Km 16 : Virage à 180° à l’aéroport. C’est long, c’est long~~ Voir cette ligne droite jusqu’à l’arrivée… c’est interminable !

Km 18 : Je n’ai ni croisé ni rattrapé Flo. Elle n’est donc ni devant, ni derrière moi. Je comprends qu’elle s’est faite arrêter à la sortie du vélo. Je suis très triste pour elle, et même dégoutté parce qu’elle avait tellement bossé et progressé… Quand elle me dira qu’elle ne passe pas pour 6min !!! Sérieux quoi !!!

Km 21 : Elle m’attend pour me prendre en photo. La pauvre. Elle finit pas et en + elle doit subir mon arrivé. A ma tête, je pense qu’elle voit que ça ne sera pas l’explosion de joie.

Verdict Course à pied : Le chrono est naze, pire qu’à Aix alors que le parcours est super easy. A Aix j’avais plus de jambes, à Nice, c’est pas que je pouvais pas, c’est que j’avais pas envie…

 

Finish avec un gros sentiment de soulagement ! Je demande une photo à Yohan mais le cœur n’est pas trop à la joie. Il arrive quand même à me sublimer… ou pas…

J’ai quand même la joie d’être enfin en vacances, d’en avoir terminé et d’avoir un nouveau bling-bling!

 

Conclusion sur ce 70.3 :

Rien à redire sur l’organisation, au top. Tu payes pas cher, mais tu sais ce que t’as ! Et on voit aussi que tout est déjà bien rodé dans cette ville. Pour une première édition, aucun couac.

– La natation est bien organisée et sans difficulté.

– Le parcours vélo hardcore. Faut juste aimer ça. Pas comme moi…

– Le parcours de course à pied est pénible mais sans difficulté. Et c’est vrai que la sécurité est bien assurée sur une promenade des Anglais quasi privatisée pour nous. Ils ont mis le paquet niveau police et blocs de béton.

Par contre, je n’arrive pas à comprendre pourquoi on place une barrière horaire à 5h30 en nage + vélo avec un parcours vélo aussi exigeant. C’est la même barrière que sur des 70.3 au parcours ultra plat comme Vichy. C’est ridicule, surtout quand ensuite, on te laisse 3h pour faire un semi-marathon…

Si on veut être exigeant avec les participants, alors allons-y. Barrière de 50min à la nage pour virer les gens qui nagent comme des enclumes et 2h au semi, pour virer les randonneurs !!!

 

 

Du coup, question souvent posée par mes nombreux fans :

– Mais Matthieu, pourquoi tu t’infliges ça si tu n’aimes pas ça ???

– Oh parle à ma main toi… on vient de s’inscrire au 70.3 du Luxembourg en juin 2019…

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